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| Qu'est-ce que l'archéologie? |
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L'archéologie
vient du grec
αρχαίος qui
signifie ancien et
λόγος qui
désigne la science, la parole, le discours.
L'archéologie est une discipline des sciences
humaines dont l'objet d'étude est l'ensemble des vestiges
matériels laissés par l'homme (mobilier,
constructions, sépultures...).
L'archéologue dispose d'un panel d'outils lui permettant
d'étudier les vestiges archéologiques mobiliers et immobiliers :
- les opérations de terrain (fouilles, prospections, découvertes fortuites...) constituent une approche
essentielle du travail de l'archéologue. Les
différentes
données ainsi recueillies
représentent sa source d'information primaire sur laquelle
l'archéologue se base pour émettre des
hypothèses
et accroître les connaissances du passé.
- les travaux de
laboratoire (C14, dendrochronologie, thermoluminescence, etc.) lui
permettent de préciser certaines données comme
l'âge des matériaux, leur provenance, les
techniques de
fabrication utilisées, etc.
L'archéologie se caractérise par l'intervention d'une
multitude de
spécialistes rendant compte d'un travail pluridisciplinaire
de
la discipline.
L'archéologue essaye ainsi de comprendre comment l'homme a
pu
s'épanouir dans un milieu donné à une
époque donnée.
La pratique actuelle fait une nette distinction entre deux types d'archéologie :
- l'archéologie
programmée s'inscrit dans le cadre d'une programmation
scientifique. Elle concerne les vestiges d'importance nationale ou
régionale dont l'étude permet de répondre à
des questions considérées comme digne d'intérêts sur l'histoire de l'homme.
- l'archéologie
préventive (ou de sauvetage) a pour vocation d'étudier
des éléments significatifs du patrimoine
archéologique menacés par des travaux
d'aménagement ou d'urbanisme; p.ex. construction d'un
lôtissement, d'une route, etc...
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| Qu'est-ce que l'objet archéologique? |
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L'objet
archéologique a de tout temps été traité
comme révélateur d'informations parfois intriguantes,
mais depuis longtemps scientifiques. Des 'céraunies' (pierres de
foudre) aux haches néolithiques, il a longuement inspiré
les hommes par ses vertus d'objet singulier. Mais l'objet
archéologique ne représente plus la crainte de nos
contemporains. Il est l'expression même d'un esprit
dépassant le cadre strict de sa matérialité.
Pour comprendre au mieux le sens de l'objet, interrogeons-nous sur le
sens à lui donner.
Une première définition peut
être posée. L’objet archéologique recouvre
trois ordres de fait : une genèse, un vécu et un
lieu, et ce, dans le cadre d'une double approche (matérielle
et intellectuelle). L'objet archéologique devient
dès lors que l'on substitue ou que l'on ajoute à sa
valeur d'usage un intérêt scientifique (Rapport Papinot, 1998).
Mais se doit-il nécessairement d'être exhumé ?
L'archéologie de passé récent pose une
réflexion épistémologique intéressante sur
le devenir de l'objet.
« Saxa Loquuntur ! »
" les pierres parlent!"
Comment connaître sa capacité
à signifier? Pour que l’objet archéologique
devienne objet de science, il doit cesser d’être objet de
plaisir, de désir, de rêve, d’amour (Demoule, "Les pierres et les mots : Freud et les archéologues").
Une science revendiquée...
L’émotion viendra plus tard, dans l’intimité
d’un musée et la contemplation du sourire archaïque
d’un visage de pierre, sauvés par des archéologues
obstinés auxquels le législateur donne enfin quelques
moyens d’agir (P.L. Frier, 2004).
Un objet de médiation...
La particularité d’une exposition archéologique est
de mêler intimement les objets et le savoir ; elle se situe ainsi
à l’articulation de l’exposition de
l’art et de l’exposition documentaire, avec toutes les
variantes possibles de l’une à l’autre (Davallon,
1999).
L'objet réapproprié...
* * * *
L’objet archéologique se conjugue à plusieurs
temps.
Le temps où il est supposé : il fait l’objet
d’une enquête. On interroge. On étudie. On le
cherche. Le temps de sa naissance : fortuite ou à
l’occasion d’une fouille. Le temps de son étude : un
chercheur vient à son chevet et l’interroge sur son
passé. Enfin, le temps de sa conservation : consécration
pour certains, déchéance pour d’autres. Cette
multitude d’interactions qui se crée à partir de
l’objet ne sont pas de même nature.
L’archéologie préventive en témoigne. Elle
s’inscrit dans l’urgence et bien souvent
l’archéologue se trouve l’obligé du terrain
n’ayant d’autre objectif que de transcrire en archives de
fouilles les archives du sol. Dans son activité, l’objet
archéologique est une notion exhaustive qui dépasse dire
le cadre strict de sa matérialité.
Certes, l’objet archéologique est réel, visible ou
matérialisé par la fouille, dans des sachets (tessons,
prélèvements, etc.), au laboratoire, mais cela fait
longtemps que sa simple matérialité ne suffit plus : son
contexte importe tout autant.
Conscience collective d’un phénomène destructeur,
l’archéologue, homme de science, met en oeuvre des
stratégies d’observations et des protocoles
d’enregistrement cherchant à consommer, dans une politique
du moindre mal, la césure opérée entre
l’objet et son contexte. De son exhumation à sa
conservation finale, l’objet subit des transformations modifiant
et enrichissant peu à peu son identité.
Les informations ainsi recueillies sont de différentes natures.
Elles sont dites intrinsèques, lorsqu’elles visent
l’objet lui-même. Elles sont le fruit d’un processus
relationnel entre l’objet et la personne qui lui donne sens :
l’archéologue, le chercheur, le restaurateur,
l’amateur. Ces différentes personnalités tentent
alors chacune de l’interroger pour ce qui la concerne,
créant ainsi sa propre représentation intellectuelle de
l’objet, mais idéalement dans l’intérêt
des autres : un travail pluridisciplinaire. Il n’est plus rare de
croiser, sur un chantier de fouilles, une multitude de
spécialistes : géologues, sédimentologues,
palynologues, malacologues, anthracologues, xylologues, etc.
Chacune de ces personnes apporte le point de vue décisif de la
discipline archéologique. Par elle, une chaîne
spécifique se créée qui est le résultat
complexe de l’expérience, des Ecoles, des mouvements de
pensées, conscients ou inconscients, qui font d’elles ce
qu’elles sont.
La démarche archéologique pourrait s’arrêter
là et ne pas chercher à préserver d’autres
données. Pourtant, elle ne le fait pas. L’étiquette
d’antiquaire est quelque peu désuète et il lui
appartient en propre d’interroger le fait archéologique
total.
Les informations extrinsèques prennent en compte les différents contextes que rencontre l’objet.
La fouille tout d’abord visitée comme un acte authentique,
quelque peu salvateur, qui arrache de l’oubli une mémoire
un peu lointaine. Les relations de l’objet dans l’espace et
dans sa contemporanéité (chronologie relative) plus ou
moins distante par rapport aux autres objets et structures (murs,
sépultures, etc.). Vient ensuite une succession
d’étapes : l’étude, l’analyse, la
compréhension des relations entretenues (diachronique et
synchronique), la préservation, la conservation parfois son
exposition. Des prélèvements, des dates, des noms
(l’inventaire, le conservateur, le restaurateur, le
propriétaire) complètent son état civil.
Même l’acte de décès doit figurer sinon
l’objet ne serait pas complet. C’est ainsi que
l’objet archéologique est devenu objet de science,
matériau d’étude.
L’archéologue tente alors de le faire parler, de lui faire
dire ce qu’il a dire et parfois de lui faire dire ce qu’il
veut entendre. Le document n’est pas innocent. L’objet
archéologique s’inscrit dans un corpus documentaire qui
lui est préexistant. Il permet à la fois
d’accroître ce dernier et de poser de nouvelles
problématiques au regard des éléments de
connaissance apportés. Ensuite de simple document, il deviendra
documentation. Il sera cité, dessiné, noté,
exploité. Imbriqué dans une typologie, dans une
chronologie et dans une géographie, l’histoire lui
appartiendra car c’est lui qui l’écrit.
Enfin, après tant de services rendus, l’objet est
laissé pour lui-même. La plupart n’auront
d’autre vie que de croupir dans un dépôt. Beaucoup
de demandes, peu de place : est-il muséable se demande-t-il en
vain ? L’objet acquiert une autonomie relative. Son passé
le suit. Mais est-il majeur ? Se pose la question délicate de
son tuteur légal. Serait-ce l’Etat, la
collectivité, une commune, un particulier ? Il en va d’une
question de sécurité juridique et de reconnaissance
sociale. |
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| Cette réflexion a été
reprise dans l'ouvrage collectif "Methods and Tools for
Effective Knowledge Life-Cycle-Management" sous la direction d'Alain Bernard et de Serge Tichkiewitch aux Editions Springer (7 avril 2008) - p.318 - http://www.Archeologia.be - p.330. |
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Retrouvez quelques photos de deux chantiers de fouilles
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