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Définition proposée par Angéline LAINE


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Le mot palynologie a été introduit par Hyde et Williams en 1944. La palynologie, étymologiquement « étude de la poussière » (du grec « palunein ») est la science qui s’intéresse aux spores et aux grains de pollen. Son domaine de recherche est très vaste (biologie, géologie, botanique, etc.) ; toutefois nous présenterons cette science paléobotanique et son apport à une discipline : l’archéologie

Application de la palynologie à l’archéologie

La palynologie est une science importante au niveau de l’orientation actuelle de l’archéologie. Elle permet, en effet, de recueillir un certain nombre d’informations essentielles sur le milieu dans lequel évoluaient les hommes préhistoriques.

L’étude des spores et des grains de pollen fossilisés que recèlent les sédiments accumulés dans les tourbières et les lacs, permet de connaître l’environnement végétal passé. L’analyse pollinique des sédiments est un moyen efficace pour retracer l’histoire climato-floristique d’un milieu de manière diachronique. Cette discipline est fondamentale pour reconstituer les phases majeures d’évolution de la végétation (les chronozones) et du climat depuis le dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans. En outre, elle fournit une gamme de renseignements inestimables en ce qui concerne les modifications imposées par l’homme sur le milieu.  

    Principes et méthodes      

    * Hypothèses et limites : la démarche pollenanalytique

L’analyse pollinique est fondée sur deux particularités bien connues de la membrane pollinique :

- sa spécificité morphologique qui fait que l’observation du pollen permet l’identification de la plante productrice ;

- sa grande résistance à la corrosion qui fait que les grains de pollen et les spores émis en grand nombre s’accumulent et se conservent très bien dans des sites d’ambiances humides (tourbières, lacs, paléo-chenaux, etc.) ou au contraire dans des milieux très secs, d’où ils peuvent être par la suite extraits.

La démarche du pollenanalyste est animée par la conviction que grâce aux pluies polliniques fossilisées, il est possible de reconstituer la composition du couvert végétal au moment où se sont déposés les sédiments.

    * Protocole palynologique : du terrain à l’interprétation

La première tâche de l’analyste est de prélever des échantillons à l’aide d’un carottier russe, soit manuellement, soit mécaniquement. Il s’ensuit une série de prélèvements réalisée généralement tous les 4 cm. Puis ces échantillons subissent un traitement chimique qui consiste en une succession d’attaques acido-basiques destinées à réduire au maximum la gangue minérale et organique non pollinique. Seule la sporopollénine (constituant très résistant de la paroi sporopollinique) résiste à cette intervention destructrice. Le but de cette manipulation est de séparer les spores et les grains de pollen du sédiment. Le résultat de chacune de ces préparations est alors monté sur lame. Le palynologue identifie et compte les grains de pollen et les spores présents sur chaque lame au moyen d’un microscope optique. L’identification du contenu sporo-pollinique s’effectue le plus souvent au niveau de la famille, suivant quatre critères morphologiques (forme, taille, aperture, structure et sculpture de la paroi). Afin que le résultat soit statistiquement significatif le pollenanalyste doit compter un minimum de 380 grains de pollen. Puis il établit le pourcentage relatif de chaque taxon en vue de construire le spectre pollinique caractéristique de chaque prélèvement. Ces spectres sont ensuite figurés par des lignes polliniques. La juxtaposition de ces lignes polliniques constitue un diagramme pollinique. « Le diagramme pollinique n’est enfin de compte qu’un langage codé. Le décoder est le véritable objet de l’analyse pollinique » (Maurice Reille, Leçon de palynologie, 1990). À cet instant précis, débute l’interprétation des comptages polliniques : elle sous-entend une maîtrise de la méthode pollenanalytique et une excellente connaissance des relations pluies polliniques-végétation actuelle.

    Les principaux résultats : chronozones et indices d’anthropisation

    * Les chronozones : reconstitution de la végétation depuis 15 000 ans

« L’analyse pollinique doit permettre, en tout premier lieu, de reconstituer la végétation passée. C’est elle qui sera l’un des moyens de comprendre l’environnement passé et l’évolution du climat » (Marie-José Gaillard, Étude palynologique de l’évolution tardi- et postglaciaire du Moyen-Pays Romand, 1984).

Les analyses palynologiques ont montré qu’à un cycle climatique correspond aussi un cycle de la végétation. Les spectres polliniques diffèrent en fonction du climat. Les périodes interglaciaires peuvent être définies comme des périodes durant lesquelles la végétation suit une succession logique : steppes froides, forêts boréales (pins, bouleaux, etc.), forêts tempérées (de type chênaie-mixte), forêts acides (sapins, épicéas, hêtres etc.), puis retour vers les forêts boréales et le stade steppique. Les périodes glaciaires, sont quant à elles, des périodes froides climatiquement instables, ne fournissant pas une image pollinique homogène avec parfois de brusques phases de réchauffement au sein de cette phase froide, appelées interstades, provoquant l’extension de certains taxons mésothermophiles à partir de refuges proches.

    * Exemple de l’évolution de la végétation sur le Massif jurassien depuis le Tardiglaciaire (cf. tableau)

Le Tardiglaciaire (subdivision de la dernière glaciation, postérieure au maximum glaciaire) se scinde en trois périodes : le Dryas ancien (15 000-12 700 BP), l’interstade Bølling-Allerød (12 700-11 000 BP) et le Dryas récent (11 000 BP). Le Dryas ancien est caractérisé par une végétation de type steppique, contrairement à l’interstade Bølling-Allerød marqué par la recolonisation forestière avec l’expansion du bouleau puis du pin, liée à un brusque réchauffement climatique. Suite à cette amélioration survient un brusque retour du froid, lors du Dryas récent, qui marque un renouveau des herbacées steppiques et un recul de la forêt.

 Aux alentours de 10 000 BP, commence l’Holocène, période interglaciaire, dans laquelle nous nous trouvons actuellement. Cet interstade se décompose en six phases ou chronozones (Préboréal, Boréal, Atlantique ancien, Atlantique récent, Subboréal et Subatlantique).

Le couvert végétal du Préboréal (10 000-9 000 BP), est marqué par le ré-chauffement climatique qui s’opère depuis le début de cette phase interglaciaire. La steppe disparaît face à la mise en place d’une forêt presque exclusivement dominée par le pin.

Au Boréal (9 000-8 000 BP), s’ensuit une longue détérioration climatique qui se caractérise par l’extension, sur une grande partie de l’Europe tempérée, du noisetier (Corylus).

Dès la fin du Boréal, les essences mésothermophiles (tels que le chêne (Quercus), l’orme (Ulmus), le tilleul (Tilia), l’érable (Acer) et le frêne (Fraxinus) accompagnés de nombreux arbustes) prennent le pas sur les formations arbustives à noisetiers pour devenir dominantes lors de l’Atlantique ancien (8 000-6 000 BP). Le noisetier ne disparaît pas totalement, mais voit son importance décroître face à une « chênaie-mixte » grandissante. Climatiquement, cette chronozone est marquée dans un premier temps par un optimum climatique, puis dans un second temps par une lente dégradation, marquée par le déclin de la « chênaie-mixte » au détriment du sapin (Abies) et du hêtre (Fagus), qui connaîtront un certain développement lors de l’Atlantique récent.

Durant l’Atlantique récent (6 000-4 700 BP), les chênaies-hêtraies se développent en plaine et sur les zones de plateaux, tandis qu’en altitude, apparaissent les toutes premières hêtraies-sapinières. D’un point de vue purement climatique, cette période se partage en trois parties : deux favorables encadrent une défavorable particulièrement importante.

Les hêtres encore largement associés aux chênes peuplent les plaines de basse altitude et les forêts de moyennes montagnes, lors du Subboréal (4 700-2 700 BP). L’altitude conditionne le développement du sapin et des premières pessières.

La dernière chronozone, le Subatlantique est de loin la plus difficile à appréhender, notamment en raison du développement toujours plus imposant de l’anthropisation au cours de ces quatre derniers millénaires. Le climat favorise le développement de forêts composées de hêtres, de sapins et d’épicéas ; le charme apparaît à la transition Subboréal-Subatlantique, vers 2 700 BP.

Cette brève présentation de l’évolution de la végétation sur le Massif jurassien depuis environs 15 000 ans est à nuancer en fonction du gradient altitudinal et latitudinal.

    * Les indices polliniques d’anthropisation (IPA)

Les interventions humaines sur le paysage ne sont plus à démontrer. Les indicateurs d’anthropisation reflètent la part et la nature des actions humaines sur l’environnement végétal. Les pratiques agro-pastorales (culture, élevage par exemple) entraînent un déséquilibre au sein des communautés végétales. Ces déséquilibres sont visibles dans le diagramme pollinique. Le premier indice évident est souvent la chute des taux de pollen arboréen (AP). L’ouverture du milieu forestier favorise alors l’apparition de nombreuses plantes héliophiles et pionnières. Jusqu’au Préboréal, l’influence de l’homme sur la végétation n’a jamais été démontré. En revanche, de rares études révèlent que le comportement pollinique du noisetier est parfois « curieux » dans le Boréal et le début de l’Atlantique. Les causes peuvent être multiples, soit d’origine naturelle, soit d’origine humaine. Dès la fin du Boréal, l’influence humaine sur le couvert végétal est attestée. C’est au cours des quatre derniers millénaires (lors du Subatlantique) que les actions de l’homme sur l’environnement se renforcent et s’intensifient.

Définitions proposées par Sabrina SAVE (Amélie Etudes environnementales & Archéologiques) - 2ème Définition

L'usage des définitions se fait dans le respect des droits d'auteur et du support de publication (Archeologia.be)

LA PALYNOLOGIE EN CONTEXTE ARCHEOLOGIQUE

Définition

La palynologie est l'étude des grains de pollen et spores conservés dans les sédiments. Ces éléments sont identifiables par différentes caractéristiques morphologiques et nous donnent un aperçu de la végétation passée ou présente.

Le matériel d'étude: mode de conservation alias où trouver des pollen?

Les spores et grains de pollen sont des matériaux organiques, donc périssables. Ils résistent néanmoins plutôt bien à l'enfouissement mais craignent principalement deux facteurs: un pH acide et une forte granulométrie. Par forte granulométrie, on entend la présence d'éléments grossiers tel que du sable ou des graviers. Plus ceux-ci sont nombreux, moins les pollen ont de chances de survie. Ils ont un effet abrasif sur les grains et les spores qui peut rendre leur identification impossible, voire désintégrer totalement ces éléments.

En contexte archéologique, les meilleurs chances de trouver des pollen sont dans les structures en eau comme des puits, des mares ou des latrines, mais aussi parfois dans des fossés, des fosses et des tombes. Même si cela reste difficile de prédire la présence ou l'absence de pollen sur un site, il est néanmoins des signes qui ne trompent pas. Les puits et les mares sont toujours de bon candidat pour ce type d'étude, surtout dans leur partie inférieure et leurs premiers comblements. Pour les autres structures et le site en général, l'absence de faune ou de restes osseux indique dans certains cas un pH non favorable à la conservation des restes organiques, il y a donc peu de chance de trouver des pollen.

Les perspectives de recherche

La palynologie permet d'aborder deux grands domaines, qui parfois se rencontrent: le paléoenvironnement et l'ethnobotanie.

Le paléoenvironnement

La palynologie permet en effet d'obtenir par l'identification des grains et spores de pollen une image d'une partie du couvert végétal d'un lieu, le plus souvent à l'échelle locale mais aussi parfois régionale. Cette image peut être celle d'un instant T bien précis ou représenter l'évolution dans le temps du couvert végétal d'une aire géographique. Par ailleurs, comme tous les êtres vivants, les végétaux sont sensibles aux variations de température et d'humidité, mais aussi à bien d'autres facteurs tels que la nature du sol, l'acidité de l'eau (espèces aquatiques) ou les activités anthropiques. Par conséquent ils offrent aussi une expression directe du climat et de conditions de vie dans lequel ils évoluent, les végétaux disposant d'une grande diversité taxinomique, la plupart des espèces étant inféodées à des biotopes précis.

L'ethnobotanie

L'ethnobotanie est la science qui s'intéresse à retracer les interactions qu'entretenaient l'Homme avec le monde végétal. La palynologie y participe grandement dans plusieurs domaines, à savoir l'impact de l'homme sur l'environnement et les espèces végétales (domestication, croisements génétiques, déforestation, etc), la place des ressources végétales dans l'économie d'une population (production, alimentation, importance relative des espèces), mais aussi dans l'imaginaire, l'industrie, le social et la médecine (pratiques funéraires, savoir médicinal, techniques industrielles et agricoles, etc).

Tous ces indices livrés par les pollen nous offrent une vision à différentes échelles. Ils servent à identifier la fonction de certaines structures, la reconstruction de certains gestes comme le dépôt d'offrandes funéraires ou la confection de substances industrielles ou médicinales; ils permettent une meilleure compréhension du contexte environnemental dans lequel un site se développe et ils rendent accessible la notion de gestion économique d'un territoire d'un point de vue agricole et industriel (déforestation, érosion, cultures, etc).

Méthodologie et déroulement d'une étude

Elaboration d'une problématique

On ne le répètera jamais assez, cette étape est PRIMORDIALE. Elle va conditionner toute la réussite de l'étude. Il est temps aujourd'hui que les études environnementales soient intégrées dès la naissance du projet aux problématiques de recherche, ce qui n'est pas encore le cas partout en France.

Les problématiques établies avant le commencement de la fouille varient principalement en fonction de la nature présumée du site ainsi que de la nature géologique du terrain et de son potentiel de conservation des éléments organiques. Il est évident que les questions ne seront pas les mêmes si l'on se situe en contexte urbain ou rural, s'il s'agit d'un habitat ou d'une nécropole, si l'on est en milieu clairement humide (tourbière, lac, etc) ou que l'on soit susceptible de trouver des structures en rapport avec l'eau (puits, latrines, citernes, etc) ou non.

De manière générale, voici quelques pistes de réflexion qui doivent être prises en compte avant le début de chaque fouille, qu'elle soit préventive ou programmée:


site d'habitat ou site "de vie"

site funéraire

Nature des activités se déroulant sur le site: agriculture, industrie, confection de substances médicinales (baume, miel, psychotrope, etc), mais aussi de substances à vocation industrielle (colle, résine, pois, etc)

Pratiques funéraires (dépôt de fleurs, de gerbes végétales)

Identification des aires de travail et détermination de la fonction des structures encore visibles

Pratiques médicinales (dépôt d'offrandes de type médicinale)

Reconstitution de l'environnement végétal autour du site, de l'échelle locale à l'échelle régionale

Pratiques sociales (dépôt d'offrandes comme marqueur social, définition de groupements sociaux, etc)

Impact de l'homme sur son environnement, notion de gestion du territoire


A partir de cela, il faut ensuite établir une stratégie de prélèvement et bien entendu un budget. Il est possible aujourd'hui d'établir des programmes de prélèvements adaptés aux moyens financiers de chaque projet. Mieux vaut un petit programme restreint mais bien défini que pas de programme du tout! La stratégie de prélèvement devra définir le nombre de prélèvements à réaliser (la plupart du temps il s'agit d'une fourchette) et leur répartition sur le site entre les différentes zones et / ou les différents types de structures. Bien sûr ce programme n'est pas fixe et sera amené à être modifié au fil des découvertes et de notre compréhension du site.

Sur le terrain

Avec le début de la fouille, notre programme va se retrouver confronter à la réalité du site qui peut parfois être bien différente de ce que les sondages diagnostiques et autres pouvaient laisser présager. La plupart du temps, même s'il y a toujours une marge d'adaptation, le programme ne nécessite pas de grands chamboulements. Les proportions des différentes catégories de prélèvement initialement prévues vont seulement être légèrement modifiées.

En revanche dans certains cas, le site se révèle d'une nature très différente que celle attendue, ou bien son importance a été sous-estimée. Il faudra dans ce cas repartir au point de départ et réviser la totalité du programme, voire reprendre le budget initialement prévu si nécessaire. Ce cas de figure demeure néanmoins assez exceptionnel et la majeure partie du temps seuls quelques aménagements s'imposent.

Réaliser un prélèvement dans le but d'entreprendre une étude palynologique n'est pas très sorcier mais demande néanmoins quelques précautions pour éviter toute contamination. La première est de nettoyer ses outils avant et entre chaque prélèvement, de préférence avec de l'eau distillée, sinon avec de l'eau du robinet. Evitez l'eau de pluie qui contient des pollen de la végétation environnante.

Les prélèvements peuvent être faits en vrac, conditionnés dans des sacs plastiques hermétiques, mais le mieux reste le prélèvement en colonne. Ils doivent bien sûr être étiquetés, numérotés, répertoriés, reportés sur les plans de fouille et les profils, tout comme les archéologues le font habituellement pour les artefacts importants par exemple. Il est essentiel de prélever rapidement les contextes et de ne pas les laisser exposer trop longtemps aux intempéries et aux vents (il y a des pollen partout autour de nous!).

Pas besoin de grande quantité de sédiment en palynologie, en théorie une cuillère à soupe suffit! Toutefois si vous effectuez un prélèvement en vrac, prélever au minimum 1/4 L si possible. Pour les prélèvement en colonne, l'usage en archéologie et pour des raisons pratiques évidentes est d'utiliser des rails à contre-plaqué et c'est tout à fait convenable. Ne faites de colonne de plus d'1 m de long! D'abord parce que c'est plus dur à prélever, ensuite car c'est encore plus pénible à transporter. Si la stratigraphie est importante, découpez le rail en plusieurs tronçons de 0,50 à 1 m et prélevez en quinconce comme sur le schéma ci-dessous, en veillant bien à ce que les prélèvements se chevauchent sur une hauteur de 0,10 m minimum.


Il est également possible de réaliser en marge du site archéologique un programme de carottage. Cette démarche s'inscrit davantage dans un but géoarchéologique mais donne en général de meilleurs résultats en terme de reconstruction de l'environnement et de mesure de l'impact de l'homme sur le milieu. L'étude palynologique sur carottage est souvent couplée à une étude des processus de sédimentation et à un programme de datation radiocarbone (je rappelle que les pollen peuvent être datés par radiocarbone).

En laboratoire ou sur la base de fouille

Les prélèvements seront ensuite soit stockés dans un endroit sec, à l'abri de la lumière et à une température basse (idéale entre -10° et +10°C, le plus pratique étant de les congeler), soit traités pour pouvoir être étudiés.

L'extraction des pollen doit nécessairement être faite en laboratoire par un spécialiste et comprend les étapes suivantes:

  1. prélèvement d'un volume standard de sédiment

  2. défloculation de l'échantillon dans une solution à 1% de sodium pyrophosphate

  3. tamisage de l'échantillon dans une maille de 125µm pour éliminer les particules minérales grossières et la fraction organique

  4. acétolyse de l'échantillon

  5. élimination de la fraction minérale fine dans une solution de sodium polytungstate de densité 2,0g/cm³

  6. montage de l'échantillon en lame mince dans une gelée de glycérol

L'étude

C'est l'étude proprement dite qui commence ensuite. Celle-ci doit être menée par une personne formée à l'aide d'une collection de pollen modernes et d'ouvrages d'identification de référence. Elle peut se dérouler selon deux modèles: on décide dès le début d'étudier la totalité des prélèvements car le budget et le temps nous le permettent, ou l'on passe tout d'abord par une phase d'évaluation des échantillons afin de déterminer leur potentiel scientifique et un ordre de priorité à défaut de ne pouvoir tout étudier pour des raisons budgétaires ou des contraintes de temps.

Si l'on choisit de procéder dans un premier temps à une évaluation, le spécialiste va dresser un rapide bilan en "scannant" chaque échantillon et en notant les espèces rencontrées et leurs proportions générales. Il établira ensuite avec plusieurs critères, qui sont essentiellement le nombre de grains de pollen et spores et leur état de conservation, un classement hiérarchique du potentiel de l'ensemble des prélèvements. Il prendra également en compte les priorités scientifiques de l'archéologue en fonction des contextes prélevés. A partir de ce classement, du budget et du temps disponibles, ainsi que du programme de recherche, on sélectionnera les échantillons dont l'étude sera approfondie. Pour les autres échantillons, une brève note sera rédigée indiquant les observations faites lors de l'évaluation et les raisons de l'abandon de l'étude. Les autres prélèvements seront étudiés avec minutie.

Le rapport qui viendra clôturer l'étude devra comprendre l'intégralité des résultats bruts (pourcentage des différentes espèces et diagramme pollinique) et des observations réalisées durant l'analyse, ainsi que l'interprétation des profils palynologiques de chaque assemblage. Il devra reprendre clairement toutes les problématiques initiales et tenter d'y répondre le plus simplement possible. Dans l'idéal, le rapport devra aussi présenter un état des connaissances pour la période et la région concernée ainsi que pour les thématiques spécifiques abordées dans le cadre du programme de recherche.

Et après?

Le but ultime de toute étude est, comme dans toutes disciplines, l'amélioration et la diffusion des connaissances et doit, dans la mesure du possible, déboucher sur une publication. Bien entendu, toutes les études sont loin de mériter les gros titres et un article indépendant, mais peuvent facilement être intégrées à des articles plus généraux sur le site étudié ou à une synthèse chronologique ou géographique. C'est ce que font depuis plusieurs années déjà les palynologues français en publiant régulièrement. Bien sûr publier n'est pas gratuit et demande du temps et de la volonté.

Où faire étudier les prélèvements?

Liste des principaux spécialistes français et prestataires européens:


NOM

INSTITUTION

ADRESSE

Amélie SARL

société privée

Amélie, études environnementales & archéologiques

2, grande rue

57630 MARSAL

http://www.ameliefrance.com

Archéosciences

UMR 6566

Anthropologie et Paléoenvironnement des Civilisations Armoricaines et Atlantiques

Université de Rennes I

Campus de Beaulieu

35042 RENNES Cedex

Archéolabs

société privée

Le Châtelard

38840 SAINT-BONNET-DE-CHAVAGNE

FRANCE

http://www.archeolabs.com/

Centre de Géomorphologie

ER 109

Centre de Géomorphologie

ER 109 / CNRS

24, avenue des Tilleuls

14000 CAEN

Centre de Paléontologie stratigraphique et Paléoécologie

UMR 5565

Centre de Paléontologie stratigraphique et Paléoécologie

Université Lyon I

27-43, bd du 11 Novembre

69622 VILLEURBANNE Cedex

Centre de Recherches Archéologiques

USR 708

Centre de Recherches Archéologiques

USR 708 / CNRS

Sophia Antipolis

250, rue Albert Einstein

06560 VALBONNE

Centre National de Préhistoire

UMR 5808

Centre National de Préhistoire

38, rue du 26e RI

24000 PERIGUEUX

Institut de Paléontologie Humaine

UMR 6569

Institut de Paléontologie Humaine

1, rue René Panhard

75013 PARIS

Laboratoire d'Ecologie et des Paléoenvironnements Atlantiques

UMR 6566

Laboratoire d'Ecologie et des Paléoenvironnements Atlantiques

2, rue de la Houssinière

BP 92208

44322 NANTES Cedex 3

Laboratoire d'Ecologie Terrestre

laboratoire universitaire

Laboratoire d'Ecologie Terrestre

Université Paul Sabatier

39, allées Jules Guesde

31062 TOULOUSE Cedex

Laboratoire de Botanique Historique et Palynologie

ESA 6116

Laboratoire de Botanique Historique et Palynologie

ESA 6116 / CNRS

Rue Henri Poincaré

Case 451

Faculté St Jérôme

13397 MARSEILLE Cedex 13

Laboratoire de Chrono-Ecologie

UMR 6565

Laboratoire de Chrono-Ecologie

UFR Sciences

16, route de Gray

25030 BESANCON Cedex

Préhistoire et environnements quaternaires de l'Europe de l'Ouest

ESA 8018

Préhistoire et environnements quaternaires de l'Europe de l'Ouest

ESA 8018 / CNRS

UFR Géographie

Université des Sciences de Lille

Avenue Paul Langevin

59655 VILLENEUVE D'ASCQ Cedex

Laboratoire de Palynologie et Dendrochronologie

laboratoire universitaire

Laboratoire de Palynologie et Dendrochronologie

Place Croix du Sud

Bte 11

1348 LOUVAIN-LA-NEUVE

BELGIQUE

Quaternary Scientific

laboratoire universitaire

Quaternary Scientific (QUEST)

University of Reading

GeoScience Building

Whiteknights

READING RG6 6AB

ROYAUME-UNI

http://www.rdg.ac.uk/shes/businessdevelopment/shes-quest.asp

Références essentielles

Ouvrages et articles

Behre K.E. 1986, Anthropogenic indicators in pollen diagrams, Balkema eds

Branch N., Canti M., Clark P. et Turney C. 2005, Environmental Archaeology. Theoretical and Practical Approaches, éditions Hodder Arnold

Fieller N.R.J., Gilbertson D.D. et Ralph N.G.A. 1985, Palaeoenvironmental Investigations, British Archaeological Reports, International Series 258

Heim J. 1970, Les relations entre les spectres polliniques récents et la végétation actuelle en Europe occidentale, Thèse, Université de Louvain

Leroyer C. et al. 2009, "Base de données et SIG palynologiques sur l'Age du Fer en France: Une autre approche du paysage végétal et de son anthropisation", in Bertrand I., Duval A., Gomez de Soto J. et Maguer P., Habitats et paysages ruraux en Gaule et regards sur d'autres régions du monde celtique, Actes du XXXIe colloque de l'AFEAF, Chauvigny

Reille M. 1990, Leçons de palynologie et d'analyse pollinique, Editions du CNRS

Richard H. 1999, "La palynologie", p.9-42, in Bourquin-Mignot et al., La botanique, éditions Errance, collection "Archéologiques"

Revues

Environmental Archaeology. The Journal of Human Palaeocology: revue trimestrielle publiée par the Association for Environmental Archaeology

Vegetation, History and Archaeobotany: revue publiée par l'International Work Group for Palaeoethnobotany, certains articles sont consultables gratuitement en ligne à cette adresse http://www.springerlink.com/content/107470/

Review of Palaeoethnobotany and Palynology: revue publiée quasi mensuellement par Elsevier, certains articles sont consultables en ligne à cette adresse http://www.sciencedirect.com/science/journal/00346667

Journal of Archaeological Science: revue publiée par The Society of Archaeological Sciences

En règle générale, toutes les revues archéologiques régionales françaises (revue archéologique de Picardie, revue archéologique du Centre, etc) et les publications de colloque de l'AFEAF et de l'AGER.

Site internet

Palynological database: http://www.paldat.org/

The Association of Environmental Archaeology: http://www.envarch.net/

The International Work Group for Palaeoethnobotany: http://www.archaeobotany.org/


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