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en quelques mots |
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Cette
rubrique vous propose une série de communiqués de presse
(CNRS, INRAP,...) ainsi que des articles et entretiens exclusifs.
Via notre Page Facebook,
nous vous proposons également de suivre au quotidien
l'actualité de l'archéologie et du patrimoine culturel.
Si vous souhaitez publier un communiqué de presse sur
Archeologia.be, vous pouvez adresser ce dernier à: arkeologia@yahoo.fr
Consulter aussi nos archives : L'actualité de la recherche en 2012
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Sébastien Perrot-Minnot, "Mort et renaissance du Petit Paris des Antilles" (Archeologia.be, 22 mai 2013)
Sébastien
Perrot-Minnot est Docteur en archéologie de
l’Université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne),
Chercheur associé l’EA 929, AIHP – GEODE
(Archéologie Industrielle, Histoire, Patrimoine -
Géographie, Développement, Environnement de la
Caraïbe), Université des Antilles et de la Guyane
Peu de catastrophes naturelles ont autant marqué les esprits. Le
8 mai 1902, vers 8 heures du matin, une éruption de la Montagne
Pelée détruisit la ville de Saint-Pierre, au nord de
l’île de la Martinique.
Avant le désastre, pendant des semaines, des
phénomènes préoccupants, mais mal compris à
l’époque, s’étaient
succédé : des séismes, des
détonations, des pluies de cendres, des lahars (coulées
de boue et d’eau bouillante) et un raz-de-marée, entre
autres. La population locale et les autorités
s’imaginaient que la Montagne Pelée allait finalement
cracher des torrents de lave, qui auraient épargné
Saint-Pierre, grâce au relief. Mais au lieu de la lave attendue,
le volcan libéra une gigantesque nuée ardente. Cette
avalanche de cendres, de blocs et de gaz, d’une
température comprise entre 200 et 450 °C, se
précipita vers la ville à une vitesse estimée
à quelque 180 km / h. Elle fut précédée par
une puissante onde de choc, suivie d’un vent de retour. La ville
fut soufflée puis incendiée, et une vingtaine de bateaux
au mouillage dans sa baie sombrèrent. Plus de 28 000
personnes trouvèrent la mort dans ce cataclysme. Seuls
survécurent, à Saint-Pierre, un prisonnier
protégé par les épais murs de sa cellule (le
fameux Cyparis), un cordonnier que s’était
réfugié dans la cave de sa maison, et quelques marins
(tous, grièvement brûlés). Il faut mentionner,
également, le triste sort de milliers de personnes, qui
abandonnèrent le nord de la Martinique pour
s’établir, dans leur majorité, à
Fort-de-France (Lire la suite de l'article)
Posté en date du 22 mai 2013
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France - "Les guerriers gaulois sont dans la plaine de Troyes" (INRAP, 12 avril 2013)
Une équipe de l’Inrap vient de mettre au jour une
nécropole gauloise des IVe et IIIe siècles avant notre
ère sur le site du Parc logistique de l’Aube, à
Buchères.
Depuis 2004, les 260 hectares de ce projet du conseil
général, bénéficient, sur prescription de
l’État (Drac Champagne), d’un suivi
archéologique : 230 hectares ont déjà
été diagnostiqués, 40 fouilles
réalisées. C’est la dernière d’entre
elles qui livre, aujourd’hui, une série de tombes
gauloises, notamment de guerriers, exceptionnelles (Lire la suite)
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Posté en date du 13 avril 2013 |
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L'intégrale du film "Quand les Gaulois perdaient la tête" à présent en ligne!
Enquête archéologique sur les têtes coupées.
Réalisé dans le cadre de l'exposition "Des rites et des
Hommes - Les pratiques symboliques des Celtes, des Ibères et des
Grecs en Provence, en Languedoc et en Catalogne" qui s'est tenue a
Montpellier du 9 juillet 2011 jusqu'en Janvier 2012, ce film
présente un rituel terrifiant et extraordinaire des Gaulois. On
apprend notamment qu'ils aimaient beaucoup couper les têtes de
leurs ennemis vaincus. Souvent celles, d'ailleurs de leurs proches
voisins, également celtes, avec lesquels les conflits
étaient apparemment monnaie courante. Tranchées à
l'arme blanche, ces prises de guerre étaient ensuite
exposées sur des poteaux ou contre les remparts de la ville.
Avec leur surface cranienne percée de clous et sculptée
par des fines entailles qui restent a ce jour une énigme.
Film de David Geoffrey (Court-Jus Production)
Groupe de reconstitution "Cladio"
Direction scientifique : Réjane Roure et Lionel Pernet - Avec : Elsa Ciesielski, Henri Duday et Benjamin Girard
Festivals :
- Prix du meilleur dilm d'archéologie à but
éducatif - VIII festival international du film
d'archéologie de Nyon (Suisse) - 2013
- Grand prix du festival - FICAB 2012 - Festival international de Cine Archeologico del Bidasoa
Regardez le fim sur http://www.youtube.com
Posté en date du 30 mars 2013
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Préhistoire
- "Un caractère unique des Néandertaliens caché
dans l'épaisseur des os de leur crâne" (CNRS, 27 mars 2013)
Antoine Balzeau (1),
chercheur CNRS au Muséum national d'Histoire naturelle, et
Hélène Rougier (2), de la California State University
Northridge à Los Angeles, ont observé pour la
première fois des structures osseuses très fines à
l'intérieur du crâne de spécimens fossiles de
Néandertaliens grâce à des méthodes
d'imagerie par micro-scanner. Ils ont ainsi identifié une
caractéristique unique de l'homme de Neandertal.
Consulté l'article sur le site du CNRS
Posté en date du 29 mars 2013
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France
- "Fouille de la rue Saint-Faron à Meaux : de
l’Antiquité à la Révolution
française" (INRAP, 25 mars 2013)
Dans
le cadre de l’aménagement d’un îlot d’habitation à Meaux
(Seine-et-Marne), une équipe d’archéologues de l’Inrap mène
actuellement, sur prescription de l’État, une fouille rue Saint-Faron.
À
l’instar des précédentes recherches menées par l’Inrap à Meaux, la
fouille livre de nouveaux vestiges du quartier antique et les
fondations de l’ancienne abbaye, détruite après la Révolution française.
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Meaux à l’époque antique
La ville antique de Meaux
s’inscrit dans la boucle d’un méandre de la Marne,
aujourd’hui asséché, dont le canal de l’Ourcq
reprend à peu près le tracé. La ville
possédait en périphérie un important sanctuaire
(la Bauve), un théâtre (rue Camille Guérin) et un
édifice à arène (Croix Saint-Faron). Au Bas-Empire
(entre la seconde moitié du IIIe siècle et le Ve
siècle), Meaux est dotée d'un castrum. De
précédentes fouilles ont permis de situer le cardo (rue
principale qui structure la cité) de la ville antique, entre la
rue de Châage (à l’ouest) et la rue Saint-Faron
(à l’est). Les recherches actuelles livrent de nouveaux
vestiges gallo-romains : en plus de nombreux éléments de
céramiques, les archéologues ont mis au jour une voie
romaine datant du IVe siècle et dont la stratification permet de
remonter jusqu’au IIe siècle avant notre ère. Ces
découvertes permettent de fixer plus précisémment
encore la cartographie de Meaux à l’époque antique.
Photo 1 : Mur antique et enceinte de l'abbaye (état du XVIIIe), rue Saint-Faron, Meaux, 2013.
Photos @ Erwan Bergot
L’abbaye Saint-Faron
Outre cet apport à la connaissance de la ville entière,
le secteur urbain étudié intéresse le passé
de la rue Saint-Faron. Elle porte le nom du fondateur du
monastère Sainte-Croix, devenue ensuite abbaye Saint-Faron. Cet
établissement religieux a été fondé au VIIe
siècle et a été démoli en 1798.
Sur le site, les archéologues de l’Inrap ont ainsi mis au
jour le mur côté est (datant du XVIIe-XVIIIe
siècle) de l’ancienne abbaye ainsi que la travée
ouest du déambulatoire du cloître moderne, dans un
état de conservation exceptionnel. Cette découverte
s’accompagne de celle d’une dizaine de sépultures.
Source : INRAP.fr
Posté en date du 15 mars 2013 |
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France
- "Découvertes archéologiques à Moult : du
Néolithique à l’époque moderne" (INRAP, 25
février 2013)
L'Inrap mène actuellement des recherches archéologiques
sur la commune de Moult, préalablement à
l’aménagement du quartier « Le Val des Cigognes
» par la société Foncim. Prescrite par le service
régional de l’Archéologie (Drac Basse-Normandie) et
menée sur une superficie d’environ 5 000 m2, cette
opération a démarré fin janvier et doit
s’achever début mars. L’équipe
d’archéologues a mis en évidence de nombreux
vestiges, attestant une occupation humaine depuis le
Néolithique. Les découvertes sont particulièrement
riches pour la période du bas Moyen Âge, avec la mise au
jour d’un domaine des XIIIe-XIVe siècles. Ainsi, la
fouille livre des informations inédites sur l’histoire des
confins de la plaine de Caen et des marais de la Dives.
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Une occupation dès le Néolithique
Les vestiges découverts à Moult témoignent
d’une occupation très ancienne du site. Les
archéologues ont en effet mis au jour un paléosol du
Néolithique (environ 6 000 ans avant notre ère),
conservé en place au fond du comblement d’un vallon qui
traverse toute la parcelle aménagée, selon un axe
sud-ouest/nord-est. Des tessons de poterie retrouvés dans ces
niveaux en confirment la datation.
Plus récemment, à l’époque gallo-romaine
(Ier-IIe siècles de notre ère), un réseau
parcellaire quadrillé formé de petits fossés
ouverts se déploie. Des céramiques, rejetées dans
ces fossés, parmi lesquelles des restes d’amphores
vraisemblablement produites dans la région d’Argences,
ainsi que des restes animaux ont été recueillis. Ce
mobilier archéologique indique qu’une zone habitée
se trouvait à proximité.
Les bâtiments des XIIIe-XIVe siècles, en cours de fouille.
© James Villaregut, Inrap.
Un domaine médiéval prospère des XIIIe-XIVe siècles
La partie la plus saillante des recherches concerne la
découverte d’un domaine médiéval des
XIIIe-XIVe siècles comprenant au nord un ensemble de
bâtiments à fondations de pierre et couverts en tuiles
évoquant un habitat, et plus au sud un verger et des structures
à vocation agricole.
Les bâtiments d’habitat encadrent une grande cour centrale
empierrée. L’édifice situé à
l’est de cette cour abritait probablement un four à pain,
tandis que celui implanté à l’ouest était
divisé en au moins deux pièces de dimensions
inégales, selon le plan classique des maisons paysannes de cette
époque. Les objets exhumés traduisent un niveau de vie
relativement aisé : vaisselier varié et de belle facture,
monnaies, outils en fer, clé en bronze, etc. Associées
à cet habitat, d’autres structures témoignant de la
vie quotidienne ont été découvertes, notamment un
puits et une grande cave rectangulaire.
Au sud de cet ensemble, un verger contemporain de l’habitat se
déployait, comme l’atteste la découverte de fosses
de plantation. Les amas de plaquettes, retrouvés dans ces
fosses, évoquent un aménagement à l’aide de
tuteurs, tels ceux utilisés pour la vigne par la baronnie
monastique dite du « Petit Fécamp »
jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, dans des
clos de vignes complantées avec des pommiers. À
l’est du verger, les archéologues ont repéré
les traces d’un bâtiment agricole et d’un autre
dispositif destiné à couvrir une batterie de silos
enterrés.
Encore plus au sud, des carrières d’extraction de «
chaussin » (calcaire pulvérulent) datant des XVIIIe-XIXe
siècles indiquent que l’occupation humaine s’est
poursuivie aux époques moderne et contemporaine.
Le puits des XIIIe-XIVe siècles (vue en coupe).
© Karine Chanson, Inrap.
Source : inrap.fr
Posté en date du 15 mars 2013
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Datation par carbone 14 en archéologie :
Principe, méthodologie, corrections
Le cas particulier des « effets réservoir »
Drs. Emmanuel VARTANIAN et Céline ROQUE
Re.S.Artes
1. Principe de la méthode
Le
carbone 14 (14C) ou radiocarbone est un isotope radioactif du carbone
(12C) dont la période de désintégration radioactive, ou demi-vie, est
égale à 5730 ± 40 ans. Il est créé dans la haute atmosphère sous
l’effet des rayonnements cosmiques et du vent solaire, à partir des
atomes d’azote 14 (14N).
Au cours de son existence, un
organisme vivant assimile le carbone atmosphérique via différents
processus (respiration, alimentation). Ces échanges constants avec la
biosphère induisent une proportion invariable de carbone 14 par rapport
au carbone total au sein de cet organisme, similaire à celle existant
dans l’atmosphère de l’époque où il a vécu.
A partir de
l'instant où il meurt, les échanges avec la biosphère cessant, la
quantité de radiocarbone qu'il contient décroît au cours du temps selon
une loi exponentielle connue (N(t) = N(0).e-t où N(t) et N(0)
représentent respectivement les nombres d’atomes de carbone 14 au
moment de la mesure et à la mort de l’organisme, et est la demi-vie
de cet élément. Cette loi explicite le fait que tous les 5730 ans, la
quantité de carbone 14 résiduel est réduite de moitié.
Dater
une matière organique ancienne consiste donc à évaluer la quantité de
carbone 14 résiduel. Cette mesure, reportée à la teneur en carbone
total, permet donc de déterminer de manière absolue (sans la comparer à
d’autres mesures) le temps séparant la mort de l’organisme du moment de
l’analyse.
Ce principe, mis en évidence dans les années 1940 aux
Etats-Unis, a valu à son promoteur, Willard F. Libby, le prix Nobel de
chimie en 1960, et a fait l’objet de nombreuses publications ([1-3] par
exemple).
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2. De la théorie à la pratique…
Il existe
aujourd’hui deux manières de mesurer la quantité
résiduelle de carbone 14 contenue dans un échantillon.
La mesure par spectrométrie de masse couplée à un accélérateur de particules (AMS)
Elle
permet de séparer les différents isotopes du carbone et de procéder à
leur comptage spécifique, après une préparation adéquate de
l’échantillon (graphitisation). Cette procédure offre un contrôle des
effets d’éventuelles pollutions, par une correction du fractionnement
isotopique (13C) basée sur la comparaison des rapports de
concentration 13C/12C et 14C/12C. De plus, l’AMS autorise la datation
de fragments carbonés de petite taille, individualisés (un charbon de
bois = une date), ce qui permet, entre autre, de mettre en évidence des
perturbations post-dépositionnelles.
Pour l’analyse des matériaux
d’origine végétale (bois, charbons), une quantité de matière minimale
de 20 mg suffit. Pour les ossements, quelques centaines de milligrammes
sont nécessaires.
La mesure par scintillation (comptage classique - LSC)
Cette
méthode consiste à mesurer directement les désintégrations des atomes
de carbone 14, par unité de temps. On utilise pour cela des détecteurs
à scintillation qui réagissent aux particules émises lors de ce
processus. Il s’agit d’un comptage dit « classique », dans la mesure où
pendant de nombreuses années, c’était la seule technique disponible.
Cependant,
aujourd’hui, elle implique des contraintes dans l’échantillonnage qui
la rendent moins employée que la spectrométrie de masse.
Ainsi,
pour des analyses par comptage classique, les quantités de matière
requises sont jusqu’à 1000 fois plus importantes que pour l’AMS
(plusieurs dizaines de grammes pour les matières végétales).
Cette
méthode est donc envisagée quand le matériel à dater est disponible en
grande quantité et qu’il est chronologiquement homogène (gros morceaux
de bois ou de charbon de bois, par exemple).
Enfin, signalons
que quel que soit le mode de mesure, la quantité de carbone 14 résiduel
doit être suffisante pour être au-dessus des limites de détection de
ces méthodes.
Aussi, aujourd’hui, il n’est pas possible
d’accéder à des âges supérieurs à 50 000 ans (correspondant à peu près
à 10 périodes de désintégration du carbone 14). Au-delà, les teneurs en
carbone 14 sont trop faibles pour être mesurées.
- Les ajustements des mesures
La calibration de l’âge
La
transformation de la teneur en carbone 14 résiduel en âge présuppose
que la production de cet élément dans l’atmosphère a été constante au
cours du temps.
Hors, les variations de l’activité solaire,
celles du champ magnétique terrestre, ou encore plus récemment
l’activité humaine, ont produit des concentrations variables de 14C
atmosphérique au cours du temps. Il est donc nécessaire de tenir compte
de ces variations.
Cela se fait au travers d’une courbe construite à
partir de l’intercomparaison de résultats obtenus par carbone 14 et par
des méthodes de datation indépendantes appliquées sur les mêmes
matériaux (la dendrochronologie par exemple).
C’est la
transformation de l’âge brut (exprimé en BP, Before Present) par cette
courbe de calibration qui donne la date calibrée ou calendaire,
exprimée en années BC (av. J.C. ) ou AD (ap. J.C.). Cette procédure
fait l’objet d’ajustements et de recherches permanentes pour l’affiner
[4-6].
Seules les dates calibrées (BC / AD) ont une valeur
scientifique, même si des raisonnements sur des chronologies relatives
peuvent être conduits à partir des âges bruts.
Les effets perturbateurs
En
plus des effets pris en compte au travers de la courbe de calibration,
il existe d’autres causes qui peuvent perturber le rapport direct entre
le taux de carbone 14 dans l’atmosphère et celui qui se retrouve dans
l’organisme vivant.
Le plus important concerne l’effet réservoir marin, qui correspond au phénomène suivant.
Le
temps nécessaire au passage du Carbone 14 atmosphérique dans le milieu
marin entraîne une diminution de la teneur de ce radioélément dans
l’eau de mer par rapport à celle mesurée au même moment dans l’air. En
conséquence, les carbonates dissous, à partir desquels les coquillages
fabriquent leur coquille, apparaissent appauvris en C14.
Cette
différence induit un vieillissement apparent de plusieurs centaines
d’années des âges mesurés pour ces fruits de mer et leurs consommateurs
au regard de ceux obtenus sur des organismes terrestres contemporains
[7] : on parle "d'effet réservoir", R(t). De plus, il est nécessaire de
tenir compte au cas par cas d'effets locaux propres à la morphologie
des côtes, aux courants marins, à la profondeur du milieu de vie de
l'organisme à dater, etc. Ces paramètres s'ajoutent à l'effet réservoir
et sont notés Delta R (dR).
La datation des organismes marins et
de leurs consommateurs doit donc nécessairement intégrer une correction
de temps tenant compte des variations locales et temporelles de la
concentration en carbone 14 en contexte maritime [8-9]. Des efforts
considérables ont ainsi été réalisés pour tenter d’en estimer l’ampleur
(CHRONO Marine Reservoir Database, ou encore Marine09 [6,10-11]), et
des données nouvelles sont apportées progressivement.
Cet effet
trouve des déclinaisons dès que l’organisme à dater (ou consommé)
provient d’un milieu aquatique, puisqu’il occasionne une dynamique
d’introduction du carbone 14 différente de celle ayant cours dans
l’atmosphère. Il peut également se trouver en présence de carbonates
dissous issus de substrats calcaires géologiques ne contenant plus de
carbone 14 (on peut alors parler d’effet « hard water », [12]).
Cela
induit que la mesure de l’âge C14 d’un ossement provenant d’un individu
ayant consommé des denrées d’origine aquatique est susceptible d’être
affectée par un effet réservoir, qu’une analyse critique des résultats
doit permettre de détecter, et donc de corriger de manière appropriée.
Cela est possible, en particulier, par l’étude des 13C (un organisme
marin a un 13C plus important qu’un organisme terrestre) [12].
3. Analyse critique des résultats : ne pas se limiter à des résultats bruts
- Pour une optimisation de la démarche de datation physique
L’obtention
d’un quorum de dates pertinentes sur un site nécessite la mise en place
d’une méthodologie rigoureuse impliquant différents acteurs : les
archéologues et les chronologistes.
Ainsi, préalablement aux
analyses et si la problématique chronologique le requiert, une
réflexion commune sur l’adéquation des prélèvements avec les questions
posées peut être importante. Il s’agira de tenir compte, en
particulier, de la nature des matières organiques analysables et de
leurs conditions d'enfouissement.
Puis, une fois les datations
obtenues, de nouvelles discussions s’engagent entre les chronologistes
et les archéologues. Cette étape, indispensable avant toute conclusion,
consiste, en particulier, à comparer les résultats et à les discuter à
la lumière des hypothèses de terrain et/ou des interprétations
préexistantes.
Cependant, cette réflexion commune ne peut être
concluante que si, en amont, les données ont été analysées et
exploitées correctement, en accord avec l’état de l’art de la méthode
et en tenant compte en particulier des effets perturbateurs, comme les
effets réservoir.
- De la nécessité d’exiger des rapports d'étude complets et critiqués
Aussi,
dans la mesure du possible, dans une exigence de qualité et afin
d’apporter tous les éléments contradictoires à une analyse critique des
données obtenues, les rapports d'étude C14 délivrés doivent comporter
une documentation complète sur le contexte stratigraphique des
prélèvements ainsi qu’une discussion sur la fiabilité des mesures et le
degré de concordance des résultats obtenus.
Un rapport exploitable à des fins de publication présente les informations suivantes :
-
le référencement archéologique complet de l'échantillon à dater et son
positionnement dans la stratigraphie, en particulier dans le cas où il
appartient à une série ;
- la valeur de la correction du fractionnement isotopique (13C), commentée ;
- le résultat brut, accompagné d'un commentaire sur la fiabilité de la mesure ;
-
la calibration du résultat brut, en précisant la procédure utilisée et
en donnant la transposition graphique de l'âge sur les courbes de
calibration ;
tous les intervalles chronologiques probables (à 1 et
2) à l'issue de la calibration, commentés (en particulier dans le cas
où l'âge brut de l'échantillon entre dans un plateau d'âges C14).
-
l’analyse et la prise en compte des effets réservoir dans le cas de la
datation de coquillages ou de tout autre organisme présentant les
caractéristiques d’une composante d’alimentation d’origine marine.
Ainsi,
dans le cadre de séries, les dates sont comparées entre elles,
replacées dans leur contexte stratigraphique et archéologique et
discutées à la lumière des études de terrain.
Une telle
démarche repose sur une collaboration étroite entre les différents
acteurs du programme archéologique de manière à obtenir un rapport
chronologique synthétique, complet et pertinent.
Exemple du traitement d’une série de datations acquises par Carbone 14.
Dans
ce cas, l’obtention et l’analyse critique de cet ensemble de dates C14
ont permis d’affiner la chronologie d’occupation du site en replaçant
dans le temps les différentes phases identifiées sur le terrain.
Bibliographie
[1] Libby W.F., 1955, Radiocarbon dating. 2nd Ed, University of Chicago Press, Chicago.
[2] Stuiver M. and Polach H.A., 1977, “Reporting of 14C data” Radiocarbon 19, 3, 355-363.
[3] Taylor R.E., 1987, Radiocarbon dating: an archaeological perspective, Academic Press, London, chap. 6.
[4] Bronk Ramsey C., 2010, “OxCal v4.1.7” Radiocarbon, in press.
[5] Stuiver M. et al., 1998, « CALIB rev 4.3 (Data set 2) », Radiocarbon, vol. 40, p. 1041-1083.
[6]
Reimer P. et al, 2009, “IntCal09 and Marine09 radiocarbon age
calibration curves, 0-50,000 years cal BP” Radiocarbon, 51, 4,
1111-1150.
[7] Bronk Ramsey, C. 2008. Radiocarbon dating: revolutions in understanding. Archaeometry 50 (2), 249-275.
[8]
Bard, E., Arnold, M., Fairbanks, R. G., Hamelin, B. 1993. Th230 – U234
and C14 ages obtained by mass spectrometry on corals. Radiocarbon 35,
191-199.
[9] Stuiver, M., Braziunas, T. F. 1993. Modelling
atmospheric C14 influences and C14 ages of marine samples back to
10,000 BC. Radiocarbon 35, 137-189.
[10] Hughen, K. A., Baillie,
M. G. L., Bard, E., Beck, J. W., Bertrand, C. J. H., Blackwell, P. G.,
Buck, C. E., Burr, S. G., Cutler, K. B., Damon, P. E., Edwards, R. L.,
Fairbanks, R. G., Friedrich, M., Guilderson, T. P., Kromer, B.,
McCormac, G., Manning, S., Bronk Ramsey, C., Reimer, P. J., Reimer, R.
W., Remmele, S., Southon, J. R., Stuiver, M., Talamo, S., Taylor, F.
W., Van Der Plicht, J., Weyhenmeyer, C. E. 2004. Marine04 Marine
Radiocarbon Age Calibration, 0-26 cal kyr BP. Radiocarbon 46 (3),
1059-1086.
[11] Stuiver, M., Reimer, P. J., Braziunas, T. F.
1998. High-precision radiocarbon age calibration for terrestrial and
marine samples. Radiocarbon 40, 1127-1151.
[12] Vartanian E.,
Soler L., Roque C., Dupont C., Save S., sous presse, "Chronologie par
C14 et accès aux ressources alimentaires en milieu littoral :
détermination des effets réservoir - Le cas des coquillages du site des
Quatre Chevaliers à Périgny (Charente-Maritime)". Ancient maritime
communities and the relationship between people and environment along
the European Atlantic coasts / Anciens peuplements littoraux et
relations homme / milieu sur les côtes de l’Europe atlantique.
Posté en date du 14 mars 2013 |
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Chine
- "La découverte d'insectes fossiles en Chine lève le
voile sur une énigme paléontologique" (CNRS, 21
février 2013)
Grâce à la
découverte de nouveaux fossiles en Chine, une équipe
internationale, dont le paléoentomologiste André Nel du
laboratoire « Origine, Structure et Evolution de la
Biodiversité » (Muséum national d'Histoire
naturelle / CNRS), apporte de nouvelles informations sur les
Strashilidae, un groupe d'insectes du Jurassique présent en
Chine et en Russie. Ces fossiles ont permis de comprendre la
morphologie originale de ces insectes mais aussi de lever le voile sur
leur biologie et leur mode de vie, qui avaient fait l'objet de
nombreuses spéculations jusqu'alors. Cette découverte est
publiée le 21 février 2013 dans la revue Nature.
Consulté l'article sur le site du CNRS
Posté en date du 4 mars 2013
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France
- "Aimargues : une fouille archéologique révèle
cinq siècles d’histoire d’un village du haut Moyen
Âge" (INRAP, 20 février 2013)
Dans
le cadre de l’aménagement de la future ligne à grande vitesse du
contournement Nîmes-Montpellier, Oc’Via Construction a confié à l’Inrap
l’ensemble des fouilles préventives qui doivent être réalisées tout au
long du nouveau tracé, sur prescription de l’État (Drac
Languedoc-Roussillon). Première d’entre elles, la fouille du village
médiéval de Saint-Gilles- de-Missignac, situé sur la commune
d’Aimargues (Gard), mobilise depuis le mois d’octobre une trentaine
d’archéologues et s’achèvera dans le courant du printemps. Le site
avait déjà fait l’objet d’enquêtes archéologiques en 1995, 2002 et
2010, mais celles-ci n’avaient touché que les abords. Cette fois, c’est
le cœur du village qui est exploré, et également une partie d’un grand
quartier de stockage des récoltes. L’étendue des vestiges et leur
exceptionnelle conservation, dans une région où les aménagements et
remaniements agricoles ont laissé peu de traces matérielles de
l’habitat rural, octroient à ce site un caractère inédit pour le
Languedoc oriental.
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Un remarquable exemple de villa carolingienne
Si Saint-Gilles-de-Missignac (ou
Saint-Gilles-le-Vieux) était connu des chercheurs, la fouille
actuellement menée par les archéologues de l’Inrap
permet pour la première fois de préciser la nature, les
formes et la topographie de l’habitat ainsi que ses relations
avec son environnement immédiat. Le village et ses abords
constituent un exemple remarquable de villa du haut Moyen Âge (ou
« carolingienne »). À l’instar des villæ
antiques, celles du Moyen Âge sont caractérisées
par un habitat aggloméré et regroupent des
bâtiments et des infrastructures tant domestiques
qu’économiques (liées à l’agriculture
et à l’artisanat). Contrairement aux villages
languedociens actuels, formés à partir des XIIe-XIIIe
siècles, la villa médiévale n’est pas
circonscrite par un rempart, mais installée sur un espace
ouvert, assez vaste, qui accueille aussi des cours, des enclos, des
jardins et des voies de circulation. Les villæ disposent
d’aménagements communautaires, tels les quartiers
dévolus à l’ensilage, et elles sont le plus souvent
desservies par une église et un cimetière. Autant
d’éléments identifiés à Aimargues et
en partie mis au jour sur une superficie d’un hectare et demi.
Le stockage des récoltes céréalières à proximité de l’habitat
La première zone fouillée
couvre 8 000 m2 d’un très vaste quartier de stockage des
céréales. Il est situé contre le village, à
l’ouest. Bien distinct des habitations et relié à
elles par un chemin, cet espace est divisé en secteurs qui
regroupent chacun plusieurs dizaines de silos (450 ont
été dénombrés et étudiés).
Ces aménagements sont des fosses creusées en terre pour
accueillir les récoltes céréalières, ainsi
conservées à l’abri de l’air et de la plupart
des nuisibles, une pratique connue depuis le Néolithique. Chaque
silo était bouché par de grandes dalles et signalé
en surface par des tertres de pierres. Ces structures offrent aux
chercheurs de nombreux éléments de réflexion.
Certains silos, comblés après usage, livrent des
éléments de mobilier (de la vaisselle en terre cuite
surtout) qui constituent de précieux indices de datation ; la
conservation de certains matériaux végétaux
(graines, charbons de bois, pollens…) permet d’envisager
la reconstitution du paysage de l’époque et
l’identification des pratiques agricoles, en termes de
variétés cultivées, de rendements ou encore de
saisonnalité.
Les recherches ont d’ores-et-déjà
révélé que cette aire, probablement
aménagée au VIIe siècle, a connu une
période d’activité intense entre le IXe et le XIe
siècle, avant d’être délaissée dans le
courant du XIIe siècle, une évolution concordant avec le
scénario d’occupation du village.
Au cœur de la villa, une église et son cimetière
Le centre du village, mis au jour sur
une superficie de 6 000 m2, est matérialisé par la
présence de l’église. Autour de
l’édifice, s’étendent un habitat dense et un
cimetière. Le site est vraisemblablement occupé à
partir du VIIe siècle (ou du VIIIe) et jusqu’aux
XIIe-XIIIe siècles, période à laquelle le village
est abandonné. Son développement connaît cependant
au moins deux phases distinctes, jalonnées par la reconstruction
de l’église et la densification de l’habitat au
détriment de l’espace funéraire. Celui-ci,
initialement assez vaste, est réduit, peut-être au IXe
siècle, à un petit cimetière clos.
L’étendue de cette période chronologique comme la
diversité et la superposition des vestiges documentent ici de
façon exceptionnelle la genèse du village, son
évolution spatiale - des espaces bâtis aux voies de
circulation - , l’organisation de la communauté, ou encore
les liens entre les vivants et les morts.
Dès l’origine, la villa comprend un cimetière, qui
prend apparemment place le long d’un chemin. Les tombes sont
orientées et alignées et les défunts sont
inhumés dans une étroite fosse anthropomorphe, laquelle
est recouverte par des dalles de pierre. Entre les VIIe et IXe
siècles, cet ensemble funéraire se développe en
gagnant en superficie (jusqu’à 1 500 m2), mode
d’extension caractéristique du haut Moyen Âge.
À ce jour, une partie seulement en a été
dégagée. On estime qu’il a accueilli environ 400
sépultures. Ce cimetière paraît associé
à une église, caractérisée par un chevet
plat, ainsi qu’aux premières maisons qui l’entourent.
À un moment encore incertain, peut-être au IXe ou au Xe
siècle, l’église est reconstruite, dotée de
murs imposants, d’une nef simple et d’un chevet en abside.
La nécropole est alors réduite à une parcelle de
265 m2 qui flanque le monument au sud et à l’ouest et la
gestion de l’espace dévolu aux défunts devient
draconienne : le cimetière se développe verticalement,
par empilement et réutilisation de tombes,
aménagées avec des coffrages en pierre. Dans ce
périmètre restreint ont été inhumés
près de 400 individus. Tout autour, l’habitat
évolue et se densifie particulièrement au nord-ouest du
monument, où il recouvre le cimetière ancien.
L’église perdure au-delà de l’abandon des
maisons et les dernières sépultures gagnent
l’emprise de bâtiments ruinés, peut-être
jusque dans le courant du XIIIe siècle.
La découverte d’un cimetière in extenso : un fait rare et précieux
Outre la compréhension de
l’organisation de la villa, la fouille des cimetières de
Saint-Gilles-de-Missignac, dont la totalité aura
été appréhendée, permettra aux chercheurs
de mener une étude de population approfondie, au fil des
générations et sur une longue période. Les
squelettes prélevés, représentatifs d’une
population naturelle (hommes et femmes, de tous âges…)
feront l’objet d’analyses sanitaires (renseignant
l’état de santé, les pathologies ou encore les
modes d’alimentation des individus) et biologiques (avec
éventuellement des études ADN pouvant notamment
révéler les liens entre les défunts).
Au cours de la fouille et lors des études à venir,
l’objectif des archéologues sera de comprendre, à
travers cet exemple de villa médiévale,
l’évolution qui a conduit de la villa antique aux villages
emmurés de la fin du Moyen Âge. Dans cette enquête
et à ce jour, ce sont principalement les points de départ
et d’arrivée de cette mutation qui sont connus. Les jalons
intermédiaires, en particulier les formes de l’habitat et
de la gestion des terroirs du haut Moyen Âge restent dans
l’ombre. Saint-Gilles est le premier exemple du Languedoc
oriental qui les mette en lumière. À l’issue de la
fouille, nul doute que la poursuite des recherches sur la population
qui a habité le lieu, mais aussi sur sa vaisselle, ses outils,
ses productions agricoles et artisanales, marqueront une avancée
significative dans la connaissance du monde rural
médiéval en Languedoc.
Informations pratiques : une journée portes-ouvertes à venir
Les archéologues accueilleront le
public lors d’une journée portes-ouvertes, dimanche 7
avril 2013. Pour des raisons de sécurité, le site reste
inaccessible aux visiteurs avant cette date.
Source : http://www.inrap.fr/
Posté en date du 21 février 2013 |
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France
- "Dernières semaines de fouille au couvent des Jacobins à Rennes :
près d’un millier de sépultures recensées" (INRAP, 12 février 2013)
Sur
le site du couvent des Jacobins, à Rennes, une équipe d’archéologues de
l’Inrap achève l’une des plus importantes fouilles urbaines jamais
menées dans l’Ouest de la France. Cette opération a été prescrite par
l’État (Drac Bretagne) en amont de la construction du futur centre des
congrès de Rennes Métropole. En seize mois, une trentaine
d’archéologues ont fouillé 8 000 m2, comprenant le couvent, le jardin
du cloître et les cours extérieures. Ils ont multiplié les découvertes
sur ce quartier de l’antique cité de Condate, sur son évolution en
faubourg médiéval et sur l’histoire du couvent des Jacobins. Parmi les
plus remarquables : un temple du IIIe siècle entouré de grandes maisons
urbaines et des maçonneries médiévales qui révèlent l’histoire
architecturale de l’édifice religieux.
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Dans ce lieu de
pèlerinage et d’inhumation, les archéologues ont aussi recensé près
d’un millier de sépultures médiévales et modernes débouchant sur une
étude anthropologique sans précédent en Bretagne. La découverte de
tombes prestigieuses dont six sarcophages en plomb et des traces de
pratiques d’embaumement révèlent des personnalités religieuses ou
civiles de haut rang. La fouille du chœur de l’église, dans les
semaines à venir, constituera le point d’orgue de cette vaste opération.
Couvent des jacobins - dégagement d'un sarcophage
crédits photos : Hervé Paitier (INRAP)
Des sarcophages et des cœurs en plomb pour d’éminents défunts
Le
couvent des Jacobins a servi de lieu d’inhumation entre le XVe et le
XVIIIe siècle, non seulement pour les religieux, mais également pour de
nombreux fidèles qui se faisaient enterrer au plus près du tableau de
Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, œuvre de dévotion. Près d’un millier de
sépultures ont ainsi été localisées, principalement dans la salle du
chapitre, lieu d’inhumation en principe réservé aux frères, dans la
galerie des enfeus ou dans l’église. Parmi elles, plusieurs tombes
prestigieuses ont été identifiées : caveaux maçonnés, enfeus ornés de
blasons et six sarcophages en plomb, retrouvés principalement dans le
chœur de l’église. À la tête de l’un d’eux, les archéologues ont
découvert trois cœurs en plomb accolés, portant des anneaux de
suspension à l’image de ceux utilisés pour la vénération des reliques.
Des
traces d’embaumement, pratique funéraire réservée aux élites, et des
orientations atypiques du défunt (nord-sud) ont aussi été observées.
Ces indices signalent l’appartenance probable de ces défunts
particuliers à de riches familles de la région.
Des
données inédites sur l’état sanitaire de la
population rennaise à l’époque moderne
Les
anthropologues entreprendront une étude biologique des individus (sexe,
âge au décès, état sanitaire, données métriques et anatomiques…). Les
données seront alors traitées de manière statistique et comparées à
d’autres sites de la même époque. Sur le plan sanitaire, ils
observeront l’état général des squelettes (traumatismes, pathologies
dégénératives, ...) et leur état bucco-dentaire, reflet de
l’alimentation et des soins reçus. Ils rechercheront aussi les traces
de maladies infectieuses, épidémiques ou non, ayant sévi. Enfin, des
études de paléomicrobiologie, en collaboration avec le laboratoire AMIS
(Anthropologie moléculaire et imagerie de synthèse, UMR 5288
CNRS/Université de Toulouse-Paul Sabatier) permettront de compléter les
connaissances sur l’état de santé des individus inhumés au couvent des
Jacobins.
Ainsi, cette étude anthropologique, menée sur un large
échantillon, apportera des informations inédites sur l’état sanitaire
et social d’une partie de la population rennaise entre le XVe et le
XVIIIe siècle.
Source : http://www.inrap.fr/
Posté en date du 12 février 2013 |
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Préhistoire
- "Un épisode chaud du passé décrit grâce au
forage des glaces les plus anciennes du Groenland" (CNRS, 23 janvier
2013)
L'Histoire du climat vient d'être reconstituée sur 130 000
ans au Groenland grâce à l'analyse de carottes de glace
extraites lors du forage NEEM1 mené par une équipe
internationale de scientifiques impliquant en France, le CNRS, le CEA,
l'UVSQ, l'université Joseph Fourier2 et l'IPEV. Les chercheurs
ont pu récupérer pour la première fois en Arctique
de la glace formée lors de la dernière période
interglaciaire, il y a 130 000 à 125 000 ans, marquée par
un important réchauffement arctique. Selon leurs travaux, la
calotte du Groenland aurait contribué seulement de 2
mètres aux 4 à 8 mètres de montée du niveau
marin caractéristique de cette période. Publiée le
24 janvier dans Nature, cette étude apporte des informations
précieuses pour comprendre les relations entre climat et
montée du niveau des mers.
NEEM
est un projet de forage international visant à extraire des
carottes de glace au nord-ouest du Groenland, afin d'obtenir pour la
première fois en Arctique des échantillons couvrant les
derniers 130 000 ans donnant accès à la dernière
période interglaciaire, l'Eemien, un épisode chaud du
passé. Pilotée par l'Université de Copenhague et
impliquant 14 pays, dont la France, l'équipe de NEEM a
foré plus de 2,5 km jusqu'au socle rocheux en deux ans, entre
2010 et 2012. Elle a ainsi extrait le premier enregistrement complet de
l'Eemien, fournissant des estimations des changements de
température, de quantité de précipitations et de
composition atmosphérique.
Les carottes de glace du Groenland, formées par l'accumulation
et le tassement de couches de neige, ont été
scrutées par une palette d'analyses effectuée sur la
glace elle-même mais aussi sur l'air piégé dans
cette dernière. La mesure des isotopes stables de l'eau informe
sur les changements de température à la surface de la
calotte et de transport d'humidité au cours du temps.
Composition isotopique de l'eau et composition atmosphérique de
l'air piégé ont permis aux scientifiques de
caractériser les variations passées du climat,
enregistrées au Groenland année après
année, comme dans les anneaux de croissance des arbres. La
quantité de gaz présente dans la glace renseigne enfin
sur les variations d'épaisseur de la calotte de glace, la teneur
en air piégé variant en fonction de l'altitude du site.
A partir de ces analyses, les scientifiques ont été en
mesure de décrire les changements climatiques sur les derniers
130 000 ans au Groenland. Résultats : durant l'Eemien, il y a
130 000 à 125 000 ans, le climat du nord du Groenland aurait
été de 4°C à 8°C plus chaud
qu'actuellement. Ces températures sont plus
élevées que celles simulées par les modèles
de climat pour cette période3. Pour autant et de manière
surprenante, l'altitude de la calotte, au voisinage de NEEM, n'a
baissé que de quelques centaines de mètres sous le niveau
actuel. En effet, au début de la période interglaciaire,
il y a environ 128 000 ans, elle était 200 mètres plus
élevée que le niveau actuel, puis l'épaisseur de
la calotte a diminué à un rythme d'en moyenne 6 cm par
an. Ensuite, il y a près de 122 000 ans, l'altitude de la
surface était environ 130 mètres sous le niveau actuel.
L'épaisseur de la calotte est alors restée stable (autour
de 2 400 mètres) jusqu'au début de la dernière
glaciation, il y a près de 115 000 ans. La calotte du Groenland
n'a donc pu contribuer que de 2 mètres aux 4 à 8
mètres de la montée du niveau marin
caractéristique de l'Eemien.
Par ailleurs, les chercheurs estiment que le volume de la calotte du
Groenland a diminué d'environ 25% en 6 000 ans durant l'Eemien.
Au cours de cette période, une intense fonte de surface est
enregistrée dans les carottes de glace par des couches de regel.
Ces dernières résultent de l'eau de fonte, fournie par la
neige de surface, qui s'est infiltrée dans les couches de neige
plus profondes puis a regelé. De tels évènements
de fonte sont très rares au cours des derniers 5 000 ans,
confirmant que la température de surface au site de NEEM
était nettement plus chaude pendant l'Eemien qu'actuellement. Ce
phénomène a tout de même été
observé durant l'été 2012 par l'équipe
présente sur le site du forage NEEM.
Ces résultats confirment la vulnérabilité de la
calotte du Groenland aux augmentations de température.
Cependant, le fait qu'elle n'ait pas entièrement disparu au
cours de l'Eemien implique que la calotte de l'Antarctique serait
responsable d'une part importante des 4 à 8 mètres de la
montée du niveau marin qui s'est produite au cours de l'Eemien.
La calotte de l'Antarctique, dont l'évolution passée
reste mal connue, serait donc susceptible de réagir de
manière significative au réchauffement climatique. Cette
reconstitution du climat de l'Eemien fournit des données de
référence qui seront confrontées aux simulations
du climat et de l'évolution des calottes de glace, seuls outils
disponibles pour évaluer les risques d'évolution future
du climat et du niveau des mers.
En France, le projet NEEM a principalement
bénéficié des soutiens du CNRS, du CEA, de l'IPEV
et de l'ANR Vulnérabilités, Milieux et Climat.
Notes :
1 North Greenland Eemien Ice Drilling (ou forage de glace Eemien au Nord du Groenland)
2 Les laboratoires français impliqués sont principalement
le Laboratoire de glaciologie et de géophysique de
l'environnement (LGGE, CNRS/UJF) et le Laboratoire des sciences du
climat et de l'environnement (IPSL/LSCE, CNRS/CEA/UVSQ). Le laboratoire
Grenoble Images Parole Signal Automatique
(CNRS/Grenoble-INP/UJF/Université Stendhal) a contribué
à la modélisation du piégeage de l'air.
Coordonnées par Valérie Masson-Delmotte, les
équipes françaises ont participé aux
opérations de terrain (forage, traitement des carottes),
à l'analyse des poussières, des isotopes de l'eau, de la
composition de l'air, des propriétés physiques et
à la modélisation du piégeage de l'air et de
l'écoulement de la calotte. Elles ont joué un rôle
clé dans la datation de la glace profonde du forage.
3 La cause du réchauffement du Groenland pendant la
dernière période interglaciaire est bien connue : il
s'agit d'une augmentation de l'ensoleillement d'été, due
à une orbite terrestre différente.
Références :
Eemian interglacial reconstructed from a Greenland folded ice core. D.
Dahl-Jensen, M.R. Albert, A. Aldahan, N. Azuma, D. Balslev-Clausen, M.
Baumgartner, A.-M. Berggren, M. Bigler, T. Binder, T. Blunier, J.C.
Bourgeois, E.J. Brook, S.L. Buchardt, C. Buizert, E. Capron, J.
Chappellaz, J. Chung, H.B. Clausen, I. Cvijanovic, S. M. Davies, P.
Ditlevsen, O. Eicher, H. Fischer, D.A. Fisher, L. Fleet, G. Gfeller, V.
Gkinis, S. Gogineni, K. Goto-Azuma, A. Grinsted, H. Gudlaugsdottir, M.
Guillevic, S.B. Hansen, M. Hansson, M. Hirabayashi, S. Hong, S.D. Hur,
P. Huybrechts, C. Hvidberg, Y. Iizuka, T. Jenk, S.J. Johnsen, T.R.
Jones, J. Jouzel, N.B. Karlsson, K. Kawamura, K. Keegan, E. Kettner, S.
Kipfstuhl, H.A. Kjær, M. Koutnik, T. Kuramoto, P. Köhler, T.
Laepple, A. Landais, P. Langen, L.B. Larsen, D. Leuenberger, M.
Leuenberger, C. Leuschen, J. Li, V. Lipenkov, P. Martinerie, O.J.
Maselli, V. Masson-Delmotte, J.R. McConnell, H. Miller, O. Mini, A.
Miyamoto, M. Montagnat-Rentier, R. Mulvaney, R. Muscheler, A.J. Orsi,
J. Paden, C. Panton, F. Pattyn, J.-R. Petit, K. Pol, T. Popp, G.
Possnert, F. Prié, M. Prokopiou, A. Quique, S.O. Rasmussen, D.
Raynaud, J. Ren, C. Reutenauer, C. Ritz, T. Röckmann, J.L. Rosen,
M. Rubino, O. Rybak, D. Samyn, C.J. Sapart, A. Schilt, A. Schmidt, J.
Schwander, S. Schüpbach, I. Seierstad, J.P. Severinghaus, S.
Sheldon, S.B. Simonsen, J. Sjolte, A.M. Solgaard, T. Sowers, P.
Sperlich, H.C. Steen-Larsen, K. Steffen, J.P.Steffensen, D. Steinhage,
T. Stocker, C. Stowasser, A. S. Sturevik, B. Sturges, A.
Sveinbjörnsdottir, A. Svensson, J.-L- Tison, J. Uetake, P.
Vallelonga, R.S.W. van de Wal, G. van der Wel, B.H. Vaughn, B. Vinther,
E. Waddington, A. Wegner, I. Weikusat, J.W.C. White, F. Wilhelms, M.
Winstrup, E. Witrant, E. Wolff, C. Xiao, J. Zheng. Nature, 24 janvier
2013.
Source : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2961.htm
Posté en date du 28 janvier 2013 |
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Préhistoire
+ "Une étude démontre que l’Homme de
Néandertal chassait le mammouth pour se nourrir et pour
construire des habitations plusieurs milliers d’années
avant l’Homme moderne" (Musée de l'Homme de Paris, 17 janvier 2013)
La
pratique ou non de la chasse aux mammouths par les
Néandertaliens pour se procurer de la nourriture est
particulièrement discutée. Une étude
réalisée dans le cadre d’un projet franco-ukrainien
impliquant le CNRS, le Muséum national d’Histoire
naturelle et l’Académie Nationale des Sciences
d’Ukraine, vient de proposer l’hypothèse que
l’Homme de Néandertal utilisait également les os
des mammouths comme matériau de construction pour leurs
habitations, et ce bien avant l’Homme anatomiquement moderne.
Les résultats de cette étude, réalisée par
Laëtitia Demay et Stéphane Péan, et
coordonnée par Marylène Patou-Mathis et Larissa
Koulakovska1 viennent d’être publiés dans la revue
Quaternary International
L’hypothèse selon laquelle l’Homme de
Néandertal aurait utilisé de mammouths comme
matériau de construction est basée sur l’analyse du
matériel faunique du site de Moldova I situé dans la
vallée du Dniestr en Ukraine, en particulier du niveau 4 riche
en vestiges archéologiques du Paléolithique moyen. Datant
de l’époque inter-pléniglaciaire du Dernier
Glaciaire (MIS 3)2, elle a livré 40 000 artefacts lithiques
attribués à la culture moustérienne3 et environ 3
000 ossements de mammifères, essentiellement de mammouth laineux
(Mammuthus primigenius).
Plusieurs zones ont été dégagées : une
fosse remplie d’ossements, différentes zones
d’activités (de boucherie, de production d’outils),
25 foyers et une accumulation circulaire composée
d’ossements de mammouths décrite initialement comme
étant une structure d’habitat confectionnée par les
Néandertaliens. Les structures d’habitat en ossements de
mammouth avérées au Paléolithique
supérieur, en Ukraine et en Russie, ont été
réalisées par les Hommes anatomiquement modernes (Homo
sapiens) en particulier de culture épigravettienne - lire la suite
Posté en date du 22 janvier 2013 |

Couche 4 de Molodova I.
Vue sur l’accumulation circulaire
en ossements de mammouths. (© I. K. Ivanova) |
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